Suite à un appel à textes, voici un de mes haïkus qui a été sélectionné dans la revue Gong 55 (thème : forme irrégulière)
Sur les rails
elle quitte cette ville noire
endormie.
Chez Sophie - ses textes
Ce blog a pour but de vous faire découvrir mes textes, écrits entre autres dans le cadre d'ateliers d'écriture en ligne. J'espère qu'ils vous plairont.
Je vous propose également, si vous êtes intéressé, de visiter mon blog avec mes dessins et peintures http://sophiedelorpeintures.blogspot.be/.
Pour info, mettre des commentaires est possible lorsqu'on est dans l'article même, mais pas sur la page d'accueil.
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mercredi 9 août 2017
vendredi 6 janvier 2017
Monsieur Bic
Texte 4 du devoir 8, sur base de directives
Monsieur Bic bave tout
le temps. C’est sa manière de s’exprimer. Il en a honte mais il ne peut faire
autrement.
Dernièrement, il lui
est arrivé de se perdre au Royaume des fruits et légumes. Il n’y va jamais. Il
y a découvert un autre monde.
Lâché sur une table,
il glisse, tombe et roule en-dessous jusqu’au coin cuisine où l’attend une
pomme qui s’ennuie ferme. Il s’agit d’une première rencontre avec Dame la
Pomme.
Dans son élan, Monsieur
Bic la cogne. Ce n’est pas très élégant de sa part. « Pardon Madame la
Pomme. Je fus jeté ainsi contre vous. Ce n’était pas intentionnel. Je m’en
excuse. »
Madame la Pomme,
poussée légèrement, s’exprime « Ce n’est rien mon bon. Il n’y a pas de
mal. »
Peu habitué à ce
Royaume, Monsieur Bic s’écrie « Vous sentez bien bon, ma Dame. »
Madame la Pomme,
interloquée, le regarde, et lui dit « Je suis abandonnée dans ce coin
depuis un certain moment. Le temps passe si vite. Cet endroit est plutôt
ennuyeux. Tout le plaisir est pour moi de vous rencontrer. Une petite
discussion me fera du bien. J’ai peur de devoir bientôt partir. Mon odeur
devient trop forte. »
« Que me
dites-vous là ma Dame ? Pourquoi déjà partir alors que nous nous
croisons pour la première fois.» s’indigne Monsieur Bic.
« Voyez-vous mon
Bon, la force de l’odeur est signe de fin de vie, préalable au trépas.
J’ai vu que des sœurs
plus jeunes que moi sont déjà mortes sous le feu de l’ennemi. Mangées. Vous
vous rendez compte. Je n’ai pu que me cacher ici et ne pas me faire remarquer.
Ça m’a engendré une solitude désagréable.
Aujourd’hui j’arrive à
une fin que je ne peux qu’accepter. Elle a déjà été plus longue que pour mes
autres sœurs. En outre, j’ai maintenant le plaisir de vous rencontrer avant de
m’en aller. Ça me fournira un beau souvenir, empli au fonds de mon cœur de
pomme. Ce n’est pas rien. Je vous remercie de ce cadeau. »
« Vous m’en voyez
tout à fait navré. N’y a-t-il vraiment rien que je ne puisse
faire ? »
« Me cacher ne
vous est pas possible. Me déplacer, non plus.
Restez avec moi mon
Bon. Vous me faites plaisir. »
Il accepte et reste
avec elle, pour l’accompagner dans ses derniers instants.
Elle changea de
couleur, et se flétrit de plus en plus. À ses côtés, Monsieur Bic papote avec
elle, et passe un bon moment. Jusqu’à ce que l’odeur ait attiré les tortionnaires,
qui l’ont déplacée dehors, sans un aucun état d’âme.
Monsieur Bic, très
chagriné, fut replacé à table. Pas longtemps. Il bava tellement fort qu’il fut
lui aussi transporté dehors, dans un gros pot où il retrouva Madame la Pomme et
d’autres comparses issus de son Royaume ou de celui de Madame la Pomme, tout
aussi désolés.
Monsieur le Crayon
Texte 3 du devoir 8, sur base de directives
Monsieur le Crayon regrette
que Madame la Gomme veuille à chaque fois effacer ses pas. Ne pourrait-elle
aller faire ça ailleurs ? Elle irait faire son intéressante, toute de
blanche vêtue, auprès de monsieur Crayon Grognon qui se trouve de l’autre côté
de la table basse. Pas de chance, elle reste avec lui et lui empoisonne son
existence. Pire qu’elle il n’y a pas. Elle est destructrice et n’apporte rien
de positif.
Monsieur le Crayon,
lui, veut vivre sa vie, avec ses qualités et ses défauts. Ses erreurs, il les
accepte, elles font partie de lui. Tout ne peut pas être parfait.
Il est tactile, et
manuel. Il aime la main qui le tient, qui le guide, qui le fait vivre. Tant que
celle-ci ne le lâche pas. Il peut en devenir handicapé si la chute est dure. Sa
confiance est totale, même s’il n’a pas le choix.
Outre Madame la Gomme,
il craint aussi le robot Taille Crayon, encore plus dévastateur. Cet espèce
d’olibrius s’approche de lui pour lui retirer des peaux et des peaux, sans
qu’il ne puisse rien faire. Il se sent alors mal, dénudé, diminué. C’est une
torture, qui se répète régulièrement et inlassablement.
Il revêtira parfois
son bel habit avant d’aller rendre visite à des dames Crayon, plus
resplendissantes. Elles le font vivre, se sentir moins seul dans ce bas monde.
Il a tenté différentes approches mais n’a pu encore concrétiser avec l’une d’entre
elle malgré son ardent désir.
Il aime les artistes
qui le font voyager, voir plein de couleurs, et qui lui montrent des images par
son tracé et son toucher sur la feuille. Avec modération néanmoins. Au plus
vite, il effleure une feuille, au plus, il est diminué, et risque ainsi de
finir dans sa tombe, alors même qu’il n’est pas tout à fait mort.
Il en a vu d’autres y
finir. Cet endroit sombre, avec son couvercle sinistre. Aussi communément
appelé poubelle. C’est ce qui le heurte le plus. Cet abandon après l’avoir
utilisé de cette manière, après qu’il eut montré son utilité avec diligence, et
sans se rebiffer. Cela lui donne l’impression de n’être qu’un objet jetable,
auquel la main ne porte aucun sentiment.
Il ne comprend pas et
ne comprendra jamais. Un jour, dans le noir, il sera enseveli sous un monceau
de détritus, et ensuite broyé jusqu’à disparaître.
Bruits la nuit
Texte 2 du devoir 8, sur base de directives
Couchée dans mon lit, j’entends un bruit métallique qui m’intrigue.
Suivi d’un grincement et d’un crissement. Ces sons me semblent trop présents,
trop forts. Ils me font froid dans le dos.
Réveillée je l’étais c’est certain. Effrayée aussi. Je suis craintive.
Face à des voleurs ou des assassins, j’ai peu de chance de me défendre.
Je n’ai pas de batte de base-ball ou quelque chose d’équivalent. En
outre, je n’ai pas d’endroit où je pourrais me cacher sans bruit en cas de
besoin. Un endroit suffisamment large et accessible pour moi. Devinez ce qui
est petit et fin. Pas moi.
Quoi qu’il en soit, j’attends aux aguets qu’un autre bruit du genre se
répète. En même temps je tâtonne pour trouver mon sac et prendre mon gsm. Dans
ces moments-là, je regrette de ne pas avoir mis le téléphone portable en
silencieux total.
Je dois également faire attention à l’angle en bas de mon lit qui est
coupant, il me réserve quelques fois des surprises dont je me passerais bien.
Je sors de mon lit le plus silencieusement possible et j’avance lentement
dans la chambre. Je guette n’importe quoi, un bruit, une odeur, ou une autre
sensation.
Rien ne se passe. J’attends. Je souffle de soulagement. Je rebrousse
chemin lorsque tout à coup un autre bruit parvient à mes oreilles.
Mon courage à deux mains pris, je m’approche de l’escalier. Je regarde.
Rien. Je ne perçois aucun bruit, aucun mouvement. Jusqu’au moment où le frigo
se manifeste. Il est plutôt bruyant. Peut-être est-ce l’origine du son.
J’attends dans l’entrebâillement de la porte pendant encore un quart
d’heure, ou moins ou plus, ma notion du temps s’est perdue dans mon attention
et mon stress. Tout est calme à part le bruit des appareils.
De la chambre voisine, des reflets dorés bougent au gré du mouvement des
rideaux torsadés et donnent une fausse impression de présence dans la pièce.
Un bruit soudain me fait sursauter sur la pointe des pieds. Il s’agit du
voisin qui descend l’escalier. On entend tout d’une maison à l’autre. Peut-être
le bruit angoissant vient-il de la maison voisine.
L’histoire pliée, je regagne mon lit pour m’endormir. Quelles plaies ces
maisons si peu insonorisées. On ne sait jamais d’où viennent les différents
bruits, crissements, grincements.
J'ai en tout cas l'espoir qu'en cas d'agression, ils l'entendraient et pourraient m'aider.
Catelyn
Texte 1 du devoir 8, sur base de directives
De douceur il n’en reste rien. Grand et robuste, il résiste face à ses
agresseurs. Il empoigne son épée pour tenir leurs positions et protéger les
siens. Les assaillants ne passeront pas. En outre, des amis l’accompagnent dans
son combat. Tout aussi puissants. Un groupe uni contre l’adversité avec une
connaissance et une pratique des techniques de combat à plusieurs, rodées
depuis des siècles.
La bataille est déjà bien engagée. Un homme lui saute dessus. Par
en-dessous, Catelyn d’un mouvement du bras fait cliqueter son épée sur la cotte
de mailles de l’homme. Il se baisse, évite l’épée de l’opposant, roule sur le
côté, le pousse en avant et se rue dessus dans un bruit sec de bottes qui
résonne sur la terre sèche. Il esquisse à gauche et revient à la charge d’un
son de gorge haletant et tranquille. Son pas glisse et glisse encore sur le
sol. Son jeu de jambes est magique.
Sa peau lisse et moite de transpiration laisse transparaître l’effort du
combat, et son sourire en dit long sur le plaisir de l’exercice physique, quoi
qu’éventuellement mortel. Ses compagnons réagissent de même. Ils ont plaisir à
cette activité extrême.
Ils se défont chacun de leur assaillant. Ils ont récolté quelques
égratignures, taillades, ou bosses. Un seul guerrier, plus fort que les autres,
n’a pas été touché. Le chef de ce groupe. Catelyn. Il possède une stratégie de
combat et une force phénoménales qui le mènent toujours à une victoire facile.
Grand, couturé de cicatrices partout sur le corps, aux muscles prononcés,
cheveux bouclés jusqu’aux épaules, casque sur la tête, le corps ceint d’une
armure légère, deux épées dans ses mains immenses, visage féroce, yeux intenses
et pénétrants, fronts plissés, il est toujours prêt à réagir promptement
Ils ressortent tous victorieux et fiers d’avoir protégé leurs terres.
Après un silence, des bruits de pas se font entendre au loin. Une jeune
dame arrive de par le champ. Elle tient dans sa main un pichet blanc d’eau
rafraîchissante pour les héros du jour. Cette cruche fut vite bien vide.
jeudi 15 décembre 2016
Haikus - amitié - gong 53
Suite à un appel à textes, voici quelques haïkus que j'ai écrit sur le thème de l'amitié :
celui qui a été sélectionné dans la revue Gong 53 (thème : amitié)
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voici d'autres haïkus sur le même thème
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celui qui a été sélectionné dans la revue Gong 53 (thème : amitié)
Sa main dans ses cheveux
elle la soutient, à genoux
devant les wc
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voici d'autres haïkus sur le même thème
Un petit sourire
Un geste amical s’ensuit
Coeur rempli d'amour
**
Des éclats de rire
entre eux naissent
pour un moment privilégié
**
Un mot, un geste
Apporté sans raison
avec bienveillance
**
Dans l'instant
elle aide cet ami de toujours
sans condition
***
Les lient des points communs,
une finesse d'esprit
et leur différence
une finesse d'esprit
et leur différence
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Sophie
2016
2016
jeudi 27 octobre 2016
Quelle histoire!! Tout ça pour ça.
Quelle histoire!! Tout ça pour ça.
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Photo à venir.
Sophie
Je vais vous parler de mes
moules. Elles vivent dans un endroit sombre, caché, clos. Jusqu’à ce que des
doigts les en tirent.
Non, non, ce n’est pas ce que
vous croyez.
Je recommence.
J’ai décidé un jour sur une
impulsion subite et inhabituelle de manger des moules. Depuis le temps que j’en
voulais. Mais plus précisément de les préparer et les cuire moi-même. Ma
famille y arrive. Pourquoi pas moi ?
J’ai acheté spontanément le kilo
de moules sans plus me poser de questions sur la préparation. Heureusement,
sinon je ne les aurais jamais faites.
J’ai un peu lu sur le moment
même. Il faut enlever ce qu’ils appellent une barbe, une espèce de petit
filament qui dépasse.
Il faut d’abord vérifier qu’elles
sont bonnes.
Sur le paquet de moules, j’ai lu
qu’il fallait légèrement les tapoter pour que les coquilles se ferment. Cela
signifie qu’elles sont bonnes à manger, et vivantes. Oui, vivantes.
Je l’ai découvert immédiatement.
J’ai un peu tapoté dessus et peu se sont fermées. J’ai vu comme une espèce de
respiration. Vivantes. Théoriquement j’aurais dû les prendre en mains et tirer
sur la barbe, mais je n’ai pas pu. Elles sont vivantes ces bestioles, elles
respirent. Même les prendre en mains était trop.
J’ai choisi la solution de la
lâcheté, face à mes victimes. Je les ai noyées. Quelle barbare je suis.
Celles qui se ferment sont bonnes
à manger. Celles qui restent ouvertes ne sont plus bonnes. Celles ébréchées
aussi. Ou légèrement abîmées. Mais qu’entend-on par-là ? En effet, avec la
crasse, on ne voit pas tout. Et un léger coup est-ce ébréché, abîmé ? J’ai
hésité. Je les ai plongées et replongées. Et replongées encore pour être sure.
Il y en avait qui étaient presque
fermées, mais un petit peu ouvertes, très légèrement. Assez pour se poser des
questions. Fermées ou pas ? Sinon, au final je jetais au moins la moitié.
En plus elles avaient de grandes
dents, les dents de la mer. Elles auraient pu mordre. Vous pouvez les voir sur
photo.
Encore un peu on aurait pu les
voir ricaner à me voir perdue par rapport à toutes ces questions.
Ensuite, quand je me suis décidée
sur celles à garder, il a fallu les gratter. Les gratter. Jusqu’où les
gratter ?
À nouveau des questions. À quoi
correspond une coquille propre, puisqu’elles sont toutes sales ? En
grattant ce qui était d’une couleur différente je me demandais si je n’enlevais
pas de la coquille aussi.
Et j’ai gratté, gratté, pour
qu’elles reviennent….
Non. Ça m’a pris longtemps tout
ça et mes tergiversations. J’étais crevée. Les moules m’ont tuées. Mais je les
ai eues avant.
Plus jamais.
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