Je vous propose également, si vous êtes intéressé, de visiter mon blog avec mes dessins et peintures http://sophiedelorpeintures.blogspot.be/.

Pour info, mettre des commentaires est possible lorsqu'on est dans l'article même, mais pas sur la page d'accueil.

vendredi 6 janvier 2017

Monsieur le Crayon

Texte 3  du devoir 8, sur base de directives


Monsieur le Crayon regrette que Madame la Gomme veuille à chaque fois effacer ses pas. Ne pourrait-elle aller faire ça ailleurs ? Elle irait faire son intéressante, toute de blanche vêtue, auprès de monsieur Crayon Grognon qui se trouve de l’autre côté de la table basse. Pas de chance, elle reste avec lui et lui empoisonne son existence. Pire qu’elle il n’y a pas. Elle est destructrice et n’apporte rien de positif.

Monsieur le Crayon, lui, veut vivre sa vie, avec ses qualités et ses défauts. Ses erreurs, il les accepte, elles font partie de lui. Tout ne peut pas être parfait.

Il est tactile, et manuel. Il aime la main qui le tient, qui le guide, qui le fait vivre. Tant que celle-ci ne le lâche pas. Il peut en devenir handicapé si la chute est dure. Sa confiance est totale, même s’il n’a pas le choix.

Outre Madame la Gomme, il craint aussi le robot Taille Crayon, encore plus dévastateur. Cet espèce d’olibrius s’approche de lui pour lui retirer des peaux et des peaux, sans qu’il ne puisse rien faire. Il se sent alors mal, dénudé, diminué. C’est une torture, qui se répète régulièrement et inlassablement.

Il revêtira parfois son bel habit avant d’aller rendre visite à des dames Crayon, plus resplendissantes. Elles le font vivre, se sentir moins seul dans ce bas monde. Il a tenté différentes approches mais n’a pu encore concrétiser avec l’une d’entre elle malgré son ardent désir.

Il aime les artistes qui le font voyager, voir plein de couleurs, et qui lui montrent des images par son tracé et son toucher sur la feuille. Avec modération néanmoins. Au plus vite, il effleure une feuille, au plus, il est diminué, et risque ainsi de finir dans sa tombe, alors même qu’il n’est pas tout à fait mort.

Il en a vu d’autres y finir. Cet endroit sombre, avec son couvercle sinistre. Aussi communément appelé poubelle. C’est ce qui le heurte le plus. Cet abandon après l’avoir utilisé de cette manière, après qu’il eut montré son utilité avec diligence, et sans se rebiffer. Cela lui donne l’impression de n’être qu’un objet jetable, auquel la main ne porte aucun sentiment.

Il ne comprend pas et ne comprendra jamais. Un jour, dans le noir, il sera enseveli sous un monceau de détritus, et ensuite broyé jusqu’à disparaître.



1 commentaire: